logo Imprimer

Vie des affaires

Aide financière

PGE : quelles TPE-PME présentent un risque accru de non remboursement ?

Dans son focus d'octobre 2024, le Conseil d'analyse économique fait le point sur le risque de non remboursement des prêts garantis par l'État (PGE) souscrits par les TPE-PME entre 2020 et 2022. Dans un contexte de défaillance d'entreprises accru et de croissance au ralenti, la situation des entreprises concernées, à mi-2024, est contrastée.

La situation financière des TPE-PME emprunteuses à fin juin 2024

Selon une étude de conjoncture réalisée par Bpifrance auprès de 5000 entreprises publiée en juillet 2024, seules 4% des emprunteuses déclarent craindre de ne pas pouvoir rembourser le PGE souscrit (site de Bpifrance, Actualité du 11 juillet 2024).

Ce résultat est à mettre en perspective avec l'étude menée par le Conseil d'analyse économique sur la base de données issues d'un partenariat avec un groupe bancaire et dont il ressort les principaux enseignements suivants :

-les dynamiques de remboursement du PGE sont très hétérogènes. Par exemple, 25% des entreprises ayant souscrit un PGE entre avril 2020 et janvier 2021 et aucun par la suite ont tout remboursé en juin 2024, tandis que 19 % ont remboursé moins de la moitié, avec comme échéance ultime pour le remboursement total du prêt, mi-2026 ;

-les entreprises qui ont le plus étalé leurs remboursements ont généralement souscrit des PGE plus élevés relativement à leur chiffre d’affaires ;

-enfin, les entreprises ayant souscrit un ou des PGE avaient, avant le déclenchement de la crise du Covid, des niveaux de trésorerie nettement inférieurs à ceux des entreprises sans PGE.

Les TPE-PME les plus à risque de non remboursement

Une part estimée à 7,5 % des entreprises. - Pour déterminer la part des entreprises à risque de non-remboursement de leur PGE, l'étude du Conseil d'analyse économique a pris en compte deux éléments :

-le niveau de trésorerie dont elle dispose à une date donnée et,

-les flux de trésorerie qu’elle sera capable de générer à l’avenir (soit sa capacité d’autofinancement).

La situation à risque retenue par l'étude est celle des entreprises dont les remboursements annuels du PGE dépasseraient 5 % du chiffre d'affaires (voire 2,5 % selon un scénario plus pessimiste).

Selon l'étude, en considérant globalement les entreprises ayant contracté des PGE jusqu’en juin 2022, il ressort que 7,5 % des entreprises seraient ainsi en difficulté pour rembourser. Cela représente :

-4 % du stock total de PGE qui reste à rembourser ;

-environ 0,8 % du chiffre d'affaires des TPE et PME et 3 % des entreprises de l'ensemble de l'échantillon de l'étude (entreprise avec ou sans PGE).

Des scénarios plus défavorables en perspective. - Les résultats de l'étude du Conseil d'analyse économique sont proches des dernières estimations de la Banque de France et de la Direction générale du Trésor de l'été 2024.

Toutefois, l'étude souligne que cette estimation du taux de perte à 4 % du stock de PGE pourrait doubler si les capacités d’autofinancement des entreprises concernées, rapportées à leur chiffre d’affaires, étaient inférieures à 3 %, ce qui est le cas de 25 % de l’ensemble des TPE-PME. Si une grande partie des entreprises ayant encore du PGE à rembourser se trouvaient dans cette situation, alors le risque de défaillance concernerait 18 % des entreprises, soit 8 à 9 % du stock initial de PGE qui reste à rembourser.

En outre, à la lumière des derniers chiffres publiés sur les défaillances d'entreprises (cumul annuel de 63 095 en juillet 2024), l'étude suggère d'explorer des scénarios plus défavorables.

Conseil d'analyse économique, Focus n° 109, octobre 2024

Retourner à la liste des dépêches Imprimer

Date: 13/01/2026

Url: